Page 703 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 703
qu’on en veuille dire, s’écria-t-il,
qui n’a pas vu l’Égypte n’a pas
vu ce qu’il y a de plus singulier au
monde ! La terre y est toute
d’or, c’est-à-dire si fertile qu’elle
enrichit ses habitants. Toutes
les femmes y charment ou par leur
beauté ou par leurs manières
agréables. Si vous me parlez du Nil y
a-t-il un fleuve plus admi-
rable ! Quelle eau fut jamais plus
légère et plus délicieuse ! Le
limon même qu’il entraîne avec lui dans
son débordement
n’engraisse-t-il pas les campagnes, qui
produisent sans travail
mille fois plus que les autres terres,
avec toute la peine que l’on
prend à les cultiver ! Écoutez ce qu’un
poète obligé
d’abandonner l’Égypte, disait aux
Égyptiens : « Votre Nil vous
comble tous les jours de biens, c’est
pour vous uniquement qu’il
vient de si loin. Hélas ! en
m’éloignant de vous, mes larmes vont
couler aussi abondamment que ses eaux :
vous allez continuer
de jouir de ses douceurs, tandis que je
suis condamné à m’en
priver malgré moi. »

