Page 698 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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neur de la ville. Je m’y rendis et l’on
              m’introduisit dans une
              chambre, où je trouvai un jeune homme
              très-bien fait, fort abat-
              tu du mal qu’il souffrait. Je le saluai
              en m’asseyant près de lui ;
              il ne répondit point à mon compliment ;
              mais il me fit un signe
              des yeux pour me marquer qu’il
              m’entendait et qu’il me remer-
              ciait. « Seigneur, lui dis-je, je vous
              prie de me donner la main,
              que je vous tâte le pouls. » Au lieu de
              tendre la main droite, il
              me présenta la gauche, de quoi je fus
              extrêmement surpris.
              « Voilà, dis-je en moi-même, une grande
              ignorance de ne savoir
              pas que l’on présente la main droite à
              un médecin et non pas la
              gauche. » Je ne laissai pas de lui
              tâter le pouls, et après avoir
              écrit une ordonnance je me retirai.

              « Je continuai mes visites pendant neuf
              jours, et toutes les
              fois que je lui voulus tâter le pouls
              il me tendit la main gauche.
              Le dixième jour, il me parut se bien
              porter, et je lui dis qu’il
              n’avait plus besoin que d’aller au
              bain. Le gouverneur de Da-
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