Page 710 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 710
dame était entrée dans ma maison, je me
levai, je fermai la
porte, et je la fis entrer dans une
salle où je la priai de s’asseoir.
« Madame, lui dis-je, j’ai eu des
étoffes qui étaient dignes de
vous être montrées, mais je n’en ai
plus présentement et j’en
suis très-fâché. » Elle ôta le voile
qui lui couvrait le visage et fit
briller à mes yeux une beauté dont la
vue me fit sentir des mou-
vements que je n’avais point encore
sentis. « Je n’ai pas besoin
d’étoffes, me répondit-elle, je viens
seulement pour vous voir et
passer la soirée avec vous si vous
l’avez pour agréable : je ne
vous demande qu’une légère collation. »
« Ravi d’une si bonne fortune, je
donnai ordre à mes gens
de nous apporter plusieurs sortes de
fruits et des bouteilles de
vin. Nous fûmes servis promptement,
nous mangeâmes, nous
bûmes, nous nous réjouîmes jusqu’à
minuit : enfin je n’avais
point encore passé de nuit si
agréablement que je passai celle-là.
Le lendemain matin je voulus mettre dix
scherifs dans la main

