Page 712 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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eut échauffés tous deux, elle me dit :
« Mon cher cœur, que pen-
sez-vous de moi ? ne suis-je pas belle
et amusante ? - Madame,
lui répondis-je, cette question est
assez inutile ; toutes les mar-
ques d’amour que je vous donne doivent
vous persuader que je
vous aime ; je suis charmé de vous voir
et de vous posséder ;
vous êtes ma reine, ma sultane ; vous
faites tout le bonheur de
ma vie. - Ah ! je suis assurée, me dit-
elle, que vous cesseriez de
tenir ce langage si vous aviez vu une
dame de mes amies qui est
plus jeune et plus belle que moi ; elle
a l’humeur si enjouée
qu’elle ferait rire les gens les plus
mélancoliques. Il faut que je
vous l’amène ici : je lui ai parlé de
vous, et sur ce que je lui en ai
dit, elle meurt d’envie de vous voir.
Elle m’a priée de lui procu-
rer ce plaisir ; mais je n’ai pas osé
la satisfaire sans vous en avoir
parlé auparavant. - Madame, repris-je,
vous ferez ce qu’il vous
plaira, mais quelque chose que vous me
puissiez dire de votre
amie, je défie tous ses attraits de
vous ravir mon cœur, qui est si

