Page 711 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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de la dame, mais elle la retira
brusquement : « Je ne suis pas
venue vous voir, dit-elle, dans un
esprit d’intérêt, et vous me
faites une injure. Bien loin de
recevoir de l’argent de vous, je
veux que vous en receviez de moi,
autrement je ne vous reverrai
plus : » en même temps elle tira dix
scherifs de sa bourse et me
força de les prendre. « Attendez-moi
dans trois jours, me dit-
elle, après le coucher du soleil. » À
ces mots, elle prit congé de
moi et je sentis qu’en partant elle
emportait mon cœur avec elle.
« Au bout de trois jours, elle ne
manqua pas de revenir à
l’heure marquée, et je ne manquai pas
de la recevoir avec toute
la joie d’un homme qui l’attendait
impatiemment. Nous passâ-
mes la soirée et la nuit comme la
première fois, et le lendemain,
en me quittant, elle promit de me
revenir voir encore dans trois
jours ; mais elle ne voulut point
partir que je n’eusse reçu dix
nouveaux scherifs.
« Étant revenue pour la troisième fois,
et lorsque le vin nous

