Page 728 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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avoir écouté la cause de votre
disgrâce, dont je suis très-affligé,
je veux vous faire aussi le récit de la
mienne. Apprenez que je
suis père de ces deux dames dont vous
venez de m’entretenir. »
En achevant ces derniers mots,
Scheherazade vit paraître le
jour. Elle interrompit sa narration,
et, sur la fin de la nuit sui-
vante, elle la continua de cette
manière :
Sire, dit-elle, voici le discours que
le gouverneur de Damas
tint au jeune homme de Moussoul : « Mon
fils, dit-il, sachez
donc que la première dame qui a eu
l’effronterie de vous aller
chercher jusque chez vous, était
l’aînée de toutes mes filles. Je
l’avais mariée au Caire à un de ses
cousins, au fils de mon frère.
Son mari mourut ; elle revint chez moi
corrompue par mille mé-
chancetés qu’elle avait apprises en
Égypte. Avant son arrivée, sa
cadette, qui est morte d’une manière si
déplorable entre vos
bras, était fort sage et ne m’avait
jamais donné aucun sujet de

