Page 723 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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diesse de venir l’exposer en vente, et
il est actuellement dans le
bezestan. Il se contente, poursuivit-
il, de cinquante scherifs
pour un joyau qui en vaut deux mille.
Rien ne saurait mieux
prouver que c’est un voleur. »
« Le lieutenant de police m’envoya
arrêter sur-le-champ ;
et, lorsque je fus devant lui, il me
demanda si le collier qu’il te-
nait à la main n’était pas celui que je
venais de mettre en vente
au bezestan. Je lui répondis que oui.
Et est-il vrai, reprit-il, que
vous le vouliez livrer pour cinquante
scherifs ? » J’en demeurai
d’accord. « Hé bien ! dit-il alors d’un
ton moqueur, qu’on lui
donne la bastonnade, il nous dira
bientôt, avec son bel habit de
marchand, qu’il n’est qu’un franc
voleur : qu’on le batte jusqu’à
ce qu’il l’avoue. » La violence des
coups de bâton me fit faire un
mensonge : je confessai, contre la
vérité, que j’avais volé le col-
lier, et aussitôt le lieutenant de
police me fit couper la main.
« Cela causa un grand bruit dans le
bezestan, et je fus à

