Page 724 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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peine de retour chez moi que je vis
arriver le propriétaire de la
maison : « Mon fils, me dit-il, vous
paraissez un jeune homme si
sage et si bien élevé ! Comment est-il
possible que vous ayez
commis une action aussi indigne que
celle dont je viens
d’entendre parler ? Vous m’avez
instruit vous-même de votre
bien et je ne doute pas qu’il ne soit
tel que vous me l’avez dit.
Que ne m’avez-vous demandé de l’argent
? je vous en aurais
prêté ; mais après ce qui vient
d’arriver, je ne puis souffrir que
vous logiez plus longtemps dans ma
maison : prenez votre parti,
allez chercher un autre logement. » Je
fus extrêmement mortifié
de ces paroles : je priai le joaillier,
les larmes aux yeux, de me
permettre de rester encore trois jours
dans sa maison, ce qu’il
m’accorda.
« Hélas ! m’écriai-je, quel malheur et
quel affront ! Oserai-je
retourner à Moussoul ! Tout ce que je
pourrai dire à mon père
sera-t-il capable de lui persuader que
je suis innocent ! »

