Page 726 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Lorsqu’on m’eut conduit devant lui,
je remarquai qu’il me
regarda d’un œil de compassion et j’en
tirai un bon augure. Il
me fit délier, et puis, s’adressant au
marchand joaillier mon ac-
cusateur, et au propriétaire de ma
maison : « Est-ce là, leur dit-
il, l’homme qui a exposé en vente le
collier de perles ? » Ils ne
lui eurent pas plus tôt répondu que
oui, qu’il dit : « je suis assu-
ré qu’il n’a pas volé le collier, et je
suis fort étonné qu’on lui ai
fait une si grande injustice. » Rassuré
par ces paroles : « Sei-
gneur, m’écriai-je, je vous jure que je
suis en effet très-innocent.
Je suis même persuadé que le collier
n’a jamais appartenu à
mon accusateur, que je n’ai jamais vu,
et dont l’horrible perfidie
est cause qu’on m’a traité si
indignement. Il est vrai que j’ai
confessé que j’avais fait ce vol ; mais
j’ai fait cet aveu contre ma
conscience, pressé par les tourments,
et pour une raison que je
suis prêt à vous dire si vous avez la
bonté de vouloir m’écouter.
- J’en sais déjà assez, répliqua le
gouverneur, pour vous rendre

