Page 730 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Voilà, continua le gouverneur, quelle
est la condition des
hommes ; tels sont les malheurs
auxquels ils sont exposés. Mais,
mon fils, ajouta-t-il, comme nous
sommes tous deux également
infortunés, unissons nos déplaisirs, ne
nous abandonnons point
l’un l’autre. Je vous donne en mariage
une troisième fille que
j’ai : elle est plus jeune que ses
sœurs et ne leur ressemble nul-
lement par sa conduite. Elle a même
plus de beauté qu’elles n’en
ont eu, et je puis vous assurer qu’elle
est d’une humeur propre à
vous rendre heureux. Vous n’aurez pas
d’autre maison que la
mienne, et, après ma mort, vous serez,
vous et elle, mes seuls
héritiers. - Seigneur, lui dis-je, je
suis confus de toutes vos bon-
tés et je ne pourrai jamais vous en
marquer assez de reconnais-
sance. - Brisons là, interrompit-il, ne
consumons pas le temps
en vains discours. » En disant cela, il
fit appeler des témoins et
dresser un contrat de mariage ; ensuite
j’épousai sa fille sans
cérémonie.

