Page 736 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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m’éloigner de votre ville dès
              aujourd’hui, et m’aller coucher, si
              je puis, dans des lieux où il ne vienne
              pas s’offrir à ma vue. » En
              achevant ces paroles, il voulut nous
              quitter ; mais le maître du
              logis le retint encore, le supplia de
              demeurer avec nous et de
              nous raconter la cause de l’aversion
              qu’il avait pour le barbier,
              qui pendant tout ce temps-là avait les
              yeux baissés et gardait le
              silence. Nous joignîmes nos prières à
              celles du maître de la mai-
              son, et enfin le jeune homme, cédant à
              nos instances, s’assit sur
              le sofa et nous raconta ainsi son
              histoire, après avoir tourné le
              dos au barbier, de peur de le voir :

              « Mon père tenait dans la ville de
              Bagdad un rang à pouvoir
              aspirer aux premières charges, mais il
              préféra toujours une vie
              tranquille à tous les honneurs qu’il
              pouvait mériter. Il n’eut que
              moi d’enfant, et quand il mourut
              j’avais déjà l’esprit formé et
              j’étais en âge de disposer des grands
              biens qu’il m’avait laissés.
              Je ne les dissipai point follement,
              j’en fis un usage qui m’attira
              l’estime de tout le monde.
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