Page 737 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Je n’avais point encore eu de passion
; et, loin d’être sen-
sible à l’amour, j’avouerai, peut-être
à ma honte, que j’évitais
avec soin le commerce des femmes. Un
jour que j’étais dans une
rue, je vis venir devant moi une grande
troupe de dames ; pour
ne pas les rencontrer, j’entrai dans
une petite rue devant la-
quelle je me trouvais et je m’assis sur
un banc près d’une porte.
J’étais vis-à-vis d’une fenêtre où il y
avait un vase de très-belles
fleurs, et j’avais les yeux attachés
dessus lorsque la fenêtre
s’ouvrit. Je vis paraître une jeune
dame dont la beauté
m’éblouit. Elle jeta d’abord les yeux
sur moi, et, en arrosant le
vase de fleurs d’une main plus blanche
que l’albâtre, elle me
regarda avec un sourire qui m’inspira
autant d’amour pour elle
que j’avais eu d’aversion jusque là
pour toutes les femmes.
Après avoir arrosé ses fleurs et
m’avoir lancé un regard plein de
charmes qui acheva de me percer le
cœur, elle referma sa fenê-
tre et me laissa dans un trouble et
dans un désordre inconceva-

