Page 739 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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gardai bien de leur dire. Mon silence
leur causa une inquiétude
que les médecins ne purent dissiper,
parce qu’ils ne connais-
saient rien à mon mal, qui ne fit
qu’augmenter par leurs remè-
des au lieu de diminuer.
« Mes parents commençaient à désespérer
de ma vie lors-
qu’une vieille dame de leur
connaissance, informée de ma ma-
ladie, arriva ; elle me considéra avec
beaucoup d’attention, et,
après m’avoir bien examiné, elle
connut, je ne sais par quel ha-
sard, le sujet de ma maladie. Elle les
prit en particulier, les pria
de la laisser seule avec moi et de
faire retirer tous mes gens.
« Tout le monde étant sorti de la
chambre, elle s’assit au
chevet de mon lit : « Mon fils ? me
dit-elle, vous vous êtes obsti-
né jusqu’à présent à cacher la cause de
votre mal, mais je n’ai
pas besoin que vous me la déclariez :
j’ai assez d’expérience
pour pénétrer ce secret, et vous ne me
désavouerez pas quand je
vous aurai dit que c’est l’amour qui
vous rend malade. Je puis

