Page 761 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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rasé pour aller voir quelle heure il
était précisément. Il revint :
« Seigneur, me dit-il, je savais bien
que je ne me trompais pas :
il y a encore trois heures jusqu’à midi
; j’en suis assuré, ou tou-
tes les règles de l’astronomie sont
fausses. - Juste ciel !
m’écriai-je, ma patience est à bout, je
n’y puis plus tenir. Maudit
barbier, barbier de malheur, peu s’en
faut que je ne me jette sur
toi, et que je ne t’étrangle ! -
Doucement, monsieur, me dit-il
d’un air froid, sans s’émouvoir de mon
emportement ; vous ne
craignez pas de retomber malade ; ne
vous emportez pas, vous
allez être servi dans un moment. » En
disant ces paroles il remit
son astrolabe dans sa trousse, reprit
son rasoir, qu’il repassa sur
le cuir qu’il avait attaché à sa
ceinture, et recommença de me
raser ; mais en me rasant il ne put
s’empêcher de parler : « Si
vous vouliez, seigneur, me dit-il,
m’apprendre quelle est cette
affaire que vous avez à midi, je vous
donnerais quelque conseil
dont vous pourriez vous trouver bien. »
Pour le contenter, je lui

