Page 762 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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dis que des amis m’attendaient à midi
pour me régaler et se ré-
jouir avec moi du retour de ma santé.
« Quand le barbier entendit parler de
régal : « Dieu vous
bénisse en ce jour comme en tous les
autres ! s’écria-t-il ; vous
me faites souvenir que j’invitai hier
quatre ou cinq amis à venir
manger aujourd’hui chez moi : je
l’avais oublié, et je n’ai encore
fait aucun préparatif. - Que cela ne
vous embarrasse pas, lui
dis-je ; quoique j’aille manger dehors,
mon garde-manger ne
laisse pas d’être toujours bien garni.
Je vous fais présent de tout
ce qui s’y trouvera ; je vous ferai
même donner du vin tant que
vous en voudrez ; car j’en ai
d’excellent dans ma cave : mais il
faut que vous acheviez promptement de
me raser ; et souvenez-
vous qu’au lieu que mon père vous
faisait des présents pour
vous entendre parler, je vous en fais,
moi, pour vous faire
taire. »
« Il ne se contenta pas de la parole
que je lui donnais :

