Page 763 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Dieu vous récompense ! s’écria-t-il,
              de la grâce que vous me
              faites ; mais montrez-moi tout à
              l’heure ces provisions, afin que
              je voie s’il y aura de quoi bien
              régaler mes amis. Je veux qu’ils
              soient contents de la bonne chère que
              je leur ferai. - J’ai, lui
              dis-je, un agneau, six chapons, une
              douzaine de poulets, et de
              quoi faire quatre entrées. » Je donnai
              ordre à un esclave
              d’apporter tout cela sur-le-champ avec
              quatre grandes cruches
              de vin. « Voilà qui est bien, reprit le
              barbier ; mais il faudrait
              des fruits et de quoi assaisonner la
              viande. » Je lui fis encore
              donner ce qu’il demandait : il cessa de
              me raser pour examiner
              chaque chose l’une après l’autre ; et
              comme cet examen dura
              près d’une demi-heure, je pestais,
              j’enrageais ; mais j’avais beau
              pester et enrager, le bourreau ne
              s’empressait pas davantage. Il
              reprit pourtant le rasoir, et me rasa
              quelques moments ; puis,
              s’arrêtant tout à coup : « Je n’aurais
              jamais cru, seigneur, me
              dit-il, que vous fussiez libéral ; je
              commence à connaître que feu
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