Page 769 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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jusqu’à la vue de sa maison, et de les
voir entrer chez lui. Il
s’était caché à un coin de rue pour
m’observer et me suivre : en
effet, quand je fus arrivé à la porte
du cadi, je me retournai, et
l’aperçus à l’entrée de la rue ; j’en
eus un chagrin mortel.
« La porte du cadi était à demi,
ouverte ; et en entrant je vis
la vieille dame qui m’attendait, et
qui, après avoir fermé la
porte, me conduisit à la chambre de la
jeune dame dont j’étais
amoureux ; mais à peine commençais-je à
l’entretenir, que nous
entendîmes du bruit dans la rue. La
jeune dame mit la tête à la
fenêtre, et vit au travers de la
jalousie que c’était le cadi son père
qui revenait déjà de la prière. Je
regardai aussi en même temps,
et j’aperçus le barbier assis vis-à-
vis, au même endroit d’où
j’avais vu la jeune dame.
« J’eus alors deux sujets de crainte :
l’arrivée du cadi et la
présence du barbier. La jeune dame me
rassura sur le premier,
en me disant que son père ne montait à
sa chambre que très-

