Page 767 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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vous m’avez donné ; mes amis mangeront,
si bon leur semble ;
je reviendrai aussitôt, je ne veux pas
commettre l’incivilité de
vous laisser aller seul ; vous méritez
bien que j’aie pour vous
cette complaisance. - Ciel ! m’écriai-
je alors, je ne pourrai donc
pas me délivrer aujourd’hui d’un homme
si fâcheux ? Au nom
du grand Dieu vivant, lui dis-je,
finissez vos discours impor-
tuns ; allez trouver vos amis, buvez,
mangez, réjouissez-vous, et
laissez-moi la liberté d’aller avec les
miens. Je veux partir seul,
je n’ai pas besoin que personne
m’accompagne ; aussi bien, il
faut que je vous l’avoue, le lieu où je
vais n’est pas un lieu où
vous puissiez être reçu ; on n’y veut
que moi. - Vous vous mo-
quez, seigneur, repartit-il ; si vos
amis vous ont convié à un fes-
tin, quelle raison peut vous empêcher
de me permettre de vous
accompagner ? vous leur ferez plaisir,
j’en suis sûr, de leur me-
ner un homme qui a comme moi le mot
pour rire, et qui sait
divertir agréablement une compagnie.
Quoi que vous me puis-

