Page 792 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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une pièce de toile : « J’ai besoin de
chemises, lui dit-il, voilà de
la toile ; je voudrais bien que vous
m’en fissiez vingt. S’il y a du
reste, vous me le rendrez. »
Scheherazade, frappée tout à coup par
la clarté du jour qui
commençait à éclairer l’appartement de
Schahriar, se tut en
achevant ces dernières paroles. La nuit
suivante elle poursuivit
ainsi l’histoire de Bacbouc :
« Mon frère, continua le barbier, eut
du travail pour cinq ou
six jours à faire vingt chemises pour
le meunier, qui lui donna
ensuite une autre pièce de toile pour
en faire autant de caleçons.
Lorsqu’ils furent achevés, Bacbouc les
porta au meunier, qui lui
demanda ce qu’il lui fallait pour sa
peine, sur quoi mon frère dit
qu’il se contenterait de vingt drachmes
d’argent. Le meunier
appela aussitôt la jeune esclave, et
lui dit d’apporter le trébuchet
pour voir si la monnaie qu’il allait
donner était de poids.
L’esclave, qui avait le mot, regarda
mon frère en colère, pour lui

