Page 790 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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et de vous demander comment vous avez
passé la nuit ; pour
elle, la pauvre femme, elle vous aime
si fort, qu’elle n’en a pas
dormi. - Dites-lui, répondit avec
transport mon benêt de frère,
que j’ai pour elle une passion si
violente, qu’il y a quatre nuits
que je n’ai fermé l’œil. » Après ce
compliment de la part de la
meunière, il crut devoir se flatter
qu’elle ne le laisserait pas lan-
guir dans l’attente de ses faveurs.
« Il n’y avait pas un quart d’heure que
l’esclave avait quitté
mon frère, lorsqu’il la vit revenir
avec une pièce de satin : « Ma
maîtresse, lui dit-elle, est très-
satisfaite de son habit, il lui va le
mieux du monde ; mais comme il est
très-beau et qu’elle ne le
veut porter qu’avec un caleçon neuf,
elle vous prie de lui en faire
un au plus tôt de cette pièce de satin.
- Cela suffit, répondit
Bacbouc, il sera fait aujourd’hui avant
que je sorte de ma bouti-
que ; vous n’avez qu’à le venir prendre
sur la fin du jour. » La
meunière se montra souvent à sa fenêtre
et prodigua ses char-

