Page 793 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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marquer qu’il allait tout gâter s’il
recevait de l’argent. Il se le tint
pour dit ; il refusa d’en prendre,
quoiqu’il en eût besoin et qu’il
en eût emprunté pour acheter le fil
dont il avait cousu les che-
mises et les caleçons. Au sortir de
chez le meunier, il vint me
prier de lui prêter de quoi vivre, en
me disant qu’on ne le payait
pas. Je lui donnai quelque monnaie de
cuivre que j’avais dans
ma bourse, et cela le fit subsister
durant quelques jours. Il est
vrai qu’il ne vivait que de bouillie,
et qu’encore ne mangeait-il
pas tout son saoul.
« Un jour il entra chez le meunier qui,
était occupé à faire
aller son moulin, et qui, croyant qu’il
venait lui demander de
l’argent, lui en offrit ; mais la jeune
esclave, qui était présente,
lui fit encore un signe qui l’empêcha
d’en accepter, et lui fit ré-
pondre au meunier qu’il ne venait pas
pour cela, mais seule-
ment pour s’informer de sa santé. Le
meunier l’en remercia et
lui donna une robe de dessus à faire.
Bacbouc la lui rapporta le

