Page 795 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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beaucoup de plaisir si vous vouliez
tourner le moulin à sa
place. » Bacbouc, pour lui marquer
qu’il était homme de bonne
volonté, lui répondit qu’il était prêt
à lui rendre ce service ;
qu’on n’avait seulement qu’à lui
montrer comment il fallait
faire. Alors le meunier l’attacha par
le milieu du corps, de même
qu’une mule pour faire tourner le
moulin, et lui donnant ensuite
un grand coup de fouet sur les reins :
« Marchez voisin, lui dit-
il. - Eh ! pourquoi me frappez-vous ?
lui dit mon frère. - C’est
pour vous encourager, répondit le
meunier, car sans cela ma
mule ne marche pas. » Bacbouc fut
étonné de ce traitement ;
néanmoins il n’osa s’en plaindre. Quand
il eut fait cinq ou six
tours il voulut se reposer ; mais le
meunier lui donna une dou-
zaine de coups de fouet bien appliqués,
en lui disant : « Cou-
rage, voisin ; ne vous arrêtez pas, je
vous en prie ; il faut mar-
cher sans prendre haleine, autrement
vous gâteriez ma farine. »
Scheherazade cessa de parler en cet
endroit, parce qu’elle

