Page 794 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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lendemain. Le meunier tira sa bourse.
La jeune esclave ne fit en
ce moment que regarder mon frère : «
Voisin, dit-il au meunier,
rien ne presse ; nous compterons une
autre fois. » Ainsi cette
pauvre dupe se retira dans sa boutique
avec trois grandes mala-
dies ; c’est-à-dire, amoureux, affamé
et sans argent.
« La meunière était avare et méchante ;
elle ne se contenta
pas d’avoir frustré mon frère de ce qui
lui était dû, elle excita
son mari à tirer vengeance de l’amour
qu’il avait pour elle, et
voici comme ils s’y prirent. Le meunier
invita Bacbouc un soir à
souper, et après l’avoir assez mal
régalé, il lui dit : « Frère, il est
trop tard pour vous retirer chez vous,
demeurez ici. » En parlant
de cette sorte, il le mena dans un
endroit du moulin où il y avait
un lit. Il le laissa là et se retira
avec sa femme dans le lieu où ils
avaient coutume de coucher. Au milieu
de la nuit le meunier
vint trouver mon frère : « Voisin, lui
dit-il, dormez-vous ? Ma
mule est malade, et j’ai bien du blé à
moudre. Vous me feriez

