Page 639 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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rent éblouis de tant de charmes, et mon
cœur se rendit sans ré-
sistance. - Ne perdons pas le temps en
discours inutiles, inter-
rompit-elle ; je ne doute pas de votre
sincérité, et vous serez
bientôt persuadé de la mienne. Voulez-
vous me faire l’honneur
de venir chez moi, ou si vous souhaitez
que j’aille chez vous ? -
Madame, lui répondis-je, je suis un
étranger logé dans un khan
qui n’est pas un lieu propre à recevoir
une dame de votre rang et
de votre mérite. »
Scheherazade allait poursuivre, mais
elle fut obligée
d’interrompre son discours parce que le
jour paraissait. Le len-
demain, elle continua de cette sorte,
en faisant toujours parler le
jeune homme de Bagdad :
« Il est plus à propos, madame,
poursuivit-il, que vous ayez
la bonté de m’enseigner votre demeure ;
j’aurai l’honneur de
vous aller voir chez vous. » La dame y
consentit. « Il est, dit-elle,
vendredi après-demain ; venez ce jour-
là, après la prière du mi-

