Page 716 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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peu de moments après, la dame qui était
restée avec moi chan-
gea de visage, il lui prit de grandes
convulsions et enfin elle ren-
dit l’âme entre mes bras, tandis que
j’appelais du monde pour
m’aider à la secourir. Je sors
aussitôt, je demande l’autre dame ;
mes gens me dirent qu’elle avait ouvert
la porte de la rue et
qu’elle s’en était allée. Je soupçonnai
alors, et rien n’était plus
véritable, que c’était elle qui avait
causé la mort de son amie.
Effectivement, elle avait eu l’adresse
et la malice de mettre d’un
poison très-violent dans la dernière
tasse qu’elle lui avait pré-
sentée elle-même.
« Je fus vivement affligé de cet
accident : « Que ferai-je ?
dis-je alors en moi-même ? Que vais-je
devenir ? » Comme je
crus qu’il n’y avait pas de temps à
perdre, je fis lever par mes
gens, à la clarté de la lune et sans
bruit, une des grandes pièces
de marbre dont la cour de ma maison
était pavée, et fis creuser
en diligence une fosse où ils
enterrèrent le corps de la jeune

