Page 764 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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monsieur votre père revit en vous.
Certes, je ne méritais pas les
grâces dont vous me comblez, et je vous
assure que j’en conser-
verai une éternelle reconnaissance ;
car, seigneur, afin que vous
le sachiez, je n’ai rien que ce qui me
vient de la générosité des
honnêtes gens comme vous ; en quoi je
ressemble à Zantout, qui
frotte le monde au bain, à Sali qui
vend des pois chiches grillés
par les rues, à Salout qui vend des
fèves, à Akerscha qui vend
des herbes, à Abou Mekarès qui arrose
les rues pour abattre la
poussière, et à Cassem de la garde du
calife. Tous ces gens-là
n’engendrent point de mélancolie : ils
ne sont ni fâcheux, ni
querelleurs ; plus contents de leur
sort que le calife au milieu de
toute sa cour, ils sont toujours gais,
prêts à chanter et à danser,
et ils ont chacun leur chanson et leur
danse particulière, dont ils
divertissent toute la ville de Bagdad ;
mais ce que j’estime le
plus en eux, c’est qu’ils ne sont pas
grands parleurs, non plus
que votre esclave, qui a l’honneur de
vous parler. Tenez, sei-

