Page 765 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 765
gneur, voici la chanson et la danse de
Zantout qui frotte le
monde au bain : regardez-moi, et voyez
si je sais bien l’imiter. »
Scheherazade n’en dit pas davantage,
parce qu’elle remar-
qua qu’il était jour. Le lendemain elle
poursuivit sa narration
dans ces termes :
« Le barbier chanta la chanson et dansa
la danse de Zan-
tout, continua le jeune boiteux ; et,
quoique je pusse dire pour
l’obliger à finir ses bouffonneries, il
ne cessa pas qu’il n’eût
contrefait de même tous ceux qu’il
avait nommés. Après cela,
s’adressant à moi : « Seigneur, me dit-
il, je vais faire venir chez
moi tous ces honnêtes gens ; si vous
m’en croyez, vous serez des
nôtres, et vous laisserez là vos amis,
qui sont peut-être de
grands parleurs qui ne feront que vous
étourdir par leurs en-
nuyeux discours, et vous faire retomber
dans une maladie pire
que celle dont vous sortez ; au lieu
que chez moi vous n’aurez
que du plaisir. »

